Exposition « État(s) de passage » à Tanger : la jeune scène contemporaine s’expose
La scène artistique marocaine s’apprête à vibrer au rythme de la jeune création contemporaine. Du 17 septembre au 17 octobre 2026, la mythique Galerie Delacroix accueille l’exposition collective « État(s) de passage » à Tanger. Ce projet ambitieux met en lumière le travail de treize artistes émergents qui redéfinissent les contours de l’art à l’ère de la mobilité post-globale. Le vernissage officiel, prévu le mardi 17 septembre 2026 à partir de 19h00, promet d’être un rendez-vous culturel incontournable au cœur de la ville du Détroit. Vous pouvez d’ailleurs retrouver l’agenda complet des événements culturels de la région directement sur le site de l’Institut Français de Tanger .
Imaginée par le commissaire d’exposition Achraf Remok, cette carte blanche s’inscrit au cœur de la saison culturelle de l’Institut Français du Maroc sous la thématique inspirante « J-Lioum / Ici et maintenant ». Le concept explore la manière dont une génération de créateurs nés entre 1985 et 2000 navigue et crée entre plusieurs territoires physiques, disciplines plastiques et identités mouvantes. Ni totalement d’ici, ni totalement d’ailleurs, ces artistes incarnent parfaitement le concept de déterritorialisation théorisé par les philosophes Deleuze et Guattari, un processus où la création s’affranchit des appartenances fixes. Leurs trajectoires dessinent une cartographie nomade inédite où des villes comme Rabat, Casablanca, Tétouan, Paris, Bruxelles ou Zurich ne sont plus de simples origines géographiques, mais deviennent de véritables laboratoires d’expérimentation transnationaux.
Cette porosité des territoires fait écho à une remarquable liberté plastique au sein de la galerie. Les visiteurs pourront ainsi naviguer entre la force visuelle du cinéma expérimental, la rigueur de la photographie documentaire, ou encore l’innovation des arts numériques de pointe. Cette fluidité des médiums s’exprime également à travers des techniques plus matérielles comme la peinture, l’installation spatiale et la broderie contemporaine, témoignant de l’absence de frontières artistiques chez cette génération. Une pluralité qui se reflète aussi dans leurs parcours. Au sein de l’espace d’exposition, les diplômés d’institutions d’excellence mondiales comme les Beaux-Arts de Paris, le Royal College of Art de Londres, La Cambre à Bruxelles ou la Villa Arson à Nice côtoient des talents autodidactes. Ce mélange organique démontre avec brio comment se construisent les nouvelles légitimités artistiques aujourd’hui, en marge des cadres académiques classiques.
L’exposition met également en relief des géographies créatives singulières et audacieuses. Alors que certains artistes choisissent de réancrer leurs pratiques acquises en Europe sur le sol marocain, d’autres font le choix de travailler simultanément sur plusieurs continents. Plus intéressant encore, le projet valorise de nouvelles centralités en dehors des grandes métropoles attendues, en installant des ateliers de création au cœur de localités comme Massa ou Jerada. En refusant les assignations identitaires strictes tout en embrassant la richesse d’héritages multiples, ces treize créateurs n’essaient pas de construire une identité collective figée. Ils se font plutôt les observateurs du mouvement lui-même, de la circulation des formes et de la réinvention de l’art dans un monde interconnecté.
Cet événement de grande envergure réunit une sélection minutieuse de la nouvelle garde artistique, comprenant Amina Azreg, Hanane El Farissi, Hiba Baddou, Hind Moumou, Joséphine Valle Franceschi, Kamil Bouzoubaa-Grivel, Maïssane Alibrahimi, Margaux Derhy, Rida Tabi, Sabrine Lahrach, Samy Snoussi, Yasmine Hadni et Zineb Mezzour. Pour porter une telle vision, le projet bénéficie du soutien précieux de partenaires institutionnels majeurs, à l’image du Centre d’art Moderne de Tétouan, de l’Institut National des Beaux-Arts, du Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, ainsi qu’IZZA et la Fondation AL MADA.


