Le pari ambitieux de la Fondation Nassaim Al Andalous à Tanger – 15 ans d’Andaloussiyat
La cité du Détroit a récemment été le théâtre d’un anniversaire historique qui fera date dans les annales culturelles du Royaume. La quinzième édition du festival Andaloussiyat 2026 à Tanger s’est affirmée comme l’un des événements les plus audacieux de la saison en s’installant au cœur du Palais de la Culture et des Arts de Tanger. Portée par une ferveur associative exemplaire, cette édition anniversaire a brillamment démontré que la musique traditionnelle marocaine conserve une puissance d’attraction phénoménale, capable de fédérer des publics de tous horizons autour d’un socle patrimonial commun.
Cette quinzième escale anniversaire, véritable jubilé de cristal, revêt une symbolique hautement prestigieuse puisqu’elle se tient sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI . Lors des rencontres officielles avec les professionnels des médias, le président de la Fondation Nassaim Al Andalous, l’avocat Me Ahmed Guennoun, a exposé les grandes orientations et la structure générale de cet événement d’exception. Les différents axes et les interventions artistiques qui jalonneront ces trois jours de festivités ont été mis en relief afin de sauvegarder l’essence de la musique andalouse, d’en assurer la pérennité structurelle et de la transmettre rigoureusement aux nouvelles générations d’auditeurs. Grâce à l’implication constante des forces vives locales, cette structure indépendante a réussi le pari fou de transformer une simple rencontre de passionnés en un carrefour artistique d’envergure internationale, indispensable à la transmission de la musique Ala.La grande force de cette édition réside sans conteste dans sa programmation internationale, qui a placé le Royaume des Pays-Bas comme invité d’honneur au centre des festivités. La soirée de gala, justement baptisée Psaumes de Lumière, a offert au public une passerelle esthétique inattendue entre l’Europe du Nord et les rives méditerranéennes. La fusion orchestrale inédite entre le prestigieux collectif de l’Amsterdams Andalusisch Orkest, le compositeur Thijs Borsten, et l’Ensemble Andalou du Nord a provoqué une immense émotion dans l’auditorium. Les performances vocales de Nabila Maan et de Chaimae Imran, sublimées par le travail de la chorale d’El Boghaz, ont offert une relecture moderne et dynamique de pièces musicales séculaires.
Au-delà de la splendeur des concerts, les organisateurs de Andaloussiyat 2026 à Tanger ont tenu à ancrer cette commémoration dans le devoir de mémoire en célébrant des figures tutélaires de cet art. Un hommage vibrant a ainsi été rendu au grand maître Ahmed El Maai, saluant une vie entière dédiée à la préservation et à l’enseignement des noubas marocaines. En réunissant près d’une centaine de musiciens venus de Fès et de Tanger pour le bouquet final, la fondation a prouvé que la musique andalouse marocaine ne se contente pas de survivre, mais qu’elle se renouvelle constamment pour s’inscrire avec force dans l’avenir.

